Extrait du Courrier des campeurs nº1

 

Peu importe le type de botte ou de soulier, les manufacturiers utilisent plusieurs matériaux pour construire la tige. Vous devez cependant savoir que certains matériaux sont plus performants que d’autres. Vous trouverez dans le texte qui suit les avantages et inconvénients des différents matériaux utilisés dans les chaussures de plein air.

 

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Tissu

Les tissus pour les chaussures qui sont le plus fréquemment rencontrés sont le nylon, le polyester et le kevlar. Dans plusieurs cas, c’est la doublure qui est fabriquée d’un matériau synthétique, souvent du nylon ou du polyester, et le dessus de la tige est fait de cuir. Parfois, on retrouve des empiècements de tissu sur le dessus, surtout pour les soufflets de chaque côté de la languette.

Les avantages des tissus dans la construction d’une botte sont simples : ils sont légers, résistent à l’abrasion (sauf le polyester), sont peu dispendieux, procurent de la ventilation et leur qualité est constante. Par contre, ils comportent deux désavantages majeurs : les tissus ne sont pas imperméables, à moins d’utiliser une membrane, et manquent de rigidité. Par conséquent, il est irréaliste de construire une botte de randonnée uniquement avec du tissu. Le produit résultant est assurément de bas de gamme.

Filet

Un empiècement de filet (polyester, parfois nylon) peut être inséré dans la tige pour procurer plus de ventilation à la chaussure. C’est léger et peu cher, mais ça laissera passer l’eau à moins d’être laminé à une membrane. Les manufacturiers choisissent ce type de matériau pour certains types de chaussure pour lesquels une bonne ventilation est recherchée.

Caoutchouc

Qu’il soit naturel ou synthétique, le caoutchouc est un bon matériau dans la construction d’une tige. Il est complètement imperméable, peut être moulé à différentes formes, résiste assez bien à l’abrasion et n’est pas tellement cher. Par contre, le caoutchouc n’est pas malléable. Bien qu’on le plie et qu’on l’étire, il reprend sa forme. De plus, il est à l’épreuve de l’eau mais ne respire pas ; la ventilation et l’évacuation de l’humidité sont complètement bloquées. Aussi, le caoutchouc est lourd comparativement aux autres matériaux disponibles. Finalement, on ne peut utiliser le caoutchouc seul, car il ne résiste pas bien aux tensions et aux étirements; on doit le laminer sur un autre matériel.

Bien souvent, le caoutchouc est utilisé pour la bande pare-chocs de protection tout autour de la chaussure, au niveau du joint entre la tige et la semelle. Cette bande ne couvre parfois que le bout de la botte, car l’usure s’y fait souvent en premier.

Membranes imperméables et respirantes (poromères)

Membranes imperméables et respirantesPour rendre une botte complètement imperméable, certains manufacturiers incorporent un poromère – une membrane imperméable qui respire – entre la doublure et le dessus de la tige. On ne peut considérer ces membranes comme étant des composantes structurales de la chaussure. D’ailleurs, elles ne sont jamais visibles. Elles sont cachées sous la surface parce qu’elles ne résisteraient pas à l’abrasion. La plupart des bottes qui ont de telles membranes sont faites de tissu et/ou de cuir. Le tissu n’étant pas imperméable, la membrane aide à garder le pied au sec. Cependant, l’humidité et la chaleur qui se forment dans la chaussure peuvent s’échapper, car la membrane est perméable à la vapeur d’eau et à l’air. Vous devez faire attention, toutefois, car un poromère ne fait pas de miracles : il suffit que le dessus de la tige soit saturé d’eau pour bloquer complètement l’évacuation de l’humidité.

Si la membrane est utilisée avec une tige de cuir, il faut que le cuir reste sec pour que la membrane fonctionne bien. Pour cela, il faut traiter le cuir avec des agents imperméabilisants. Ce traitement rend alors la membrane pratiquement inutile. Ces membranes sont surtout utiles en combinaison avec des tissus qui « respirent » bien, mais qui ne sont pas imperméables.

Plastique

Le plastique est rigide et peut être moulé à la forme de la botte. Il procure beaucoup de support, mais peu de flexibilité. C’est pourquoi, dans les chaussures de randonné standards, il est surtout utilisé dans les contreforts du talon, ainsi qu’au bout pour couvrir les orteils. Par contre, son utilisation est fréquente dans les bottes destinées à l’escalade par temps froid. Il fait alors équipe avec un chausson intérieur.

Cuir synthétique

Tout ce qu’il a en commun avec le cuir véritable est son apparence. Ce matériau n’absorbe presque pas l’eau, car il n’est pas poreux. Contrairement au cuir véritable, il n’a pas tendance à s’étirer ni à s’assouplir lorsqu’il est mouillé. Il offre donc le même niveau de soutien au pied, qu’il soit sec ou détrempé. Par contre, le fait qu’il ne s’étire pas élimine la possibilité de l’utiliser comme doublure. Comme le cuir synthétique n’est pas composé d’un entrelacement dense de fibres comme le cuir véritable, il offre une moins bonne résistance à l’usure.

Les fibres du cuir véritable bougent et s’étirent sous l’influence d’une force de frottement, alors que le cuir synthétique ne fait que s’user. Pour les mêmes raisons, le synthétique ne laisse pas aussi bien évacuer la transpiration. Pendant très longtemps, une botte de cuir véritable peut être entretenue et ses propriétés peuvent être plus ou moins conservées. Le synthétique ne peut être entretenu au même titre et il finit par sécher, durcir et fendre, surtout lorsqu’exposé aux rayons ultraviolets.

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Cuir

Le cuir, sous toutes ses formes, est sans doute le matériau le plus répandu dans la construction des bottes de randonnée. Il existe autant de types de cuirs qu’il existe de types d’animaux, mais le cuir utilisé dans la chaussure de plein air provient presque exclusivement des bovidés, car c’est un cuir épais et robuste, facilement disponible.

Pour fabriquer le cuir, la peau doit passer par plusieurs étapes, notamment le tannage. À un certain moment pendant le processus, la peau est tranchée en 2 ou 3 couches sur son épaisseur, pour en obtenir plus de surface utilisable, sauf si on fait du cuir pleine fleur qui doit rester entier. Selon la façon d’utiliser ces morceaux, à l’envers ou à l’endroit, et la façon de les tanner, les cuirs ont des aspects et des propriétés remarquablement différentes. Le schéma suivant explique les différentes parties de la peau sur toute son épaisseur et les cuirs qui en résultent.