Extrait du courrier des campeurs nº3

 

Trop de marcheurs meurent encore du Mal Aigu des Montagnes (MAM), parce qu'il est mal connu d'une part, et que l'on n'imagine pas que ces complications peuvent tuer en quelques heures (surtout dans les hauts massifs comme l'Himalaya ou les Andes), d'autre part. Pour ces raisons, apprenez à reconnaître le MAM, et surtout comment le prévenir.

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LE MAL AIGU DES MONTAGNES, QU'EST-CE-QUE C'EST ?

Le Mal Aigu des Montagnes (MAM) est un ensemble de troubles qui surviennent 4 à 8 heures après l'arrivée en altitude et généralement au delà de 3500 m.

Le MAM est la conséquence de l'hypoxie d'altitude, qui découle du manque d'oxygène lié à la baisse partielle de la pression d'oxygène avec l'augmentation de l'altitude.

Le MAM est caractérisé par un ensemble de troubles associant :

  • des maux de tête dans 100 % des cas
  • une insomnie dans 2/3 des cas
  • une perte d'appétit dans 1/3 des cas
  • des nausées dans 1/3 des cas

Le MAM peut s'accompagner d'œdèmes périphériques (gonflements localisés aux mains aux chevilles et au visage).

Elément caractéristique, le MAM disparaît dès la descente à une altitude plus basse ou après un temps d'acclimatation à l'altitude (généralement deux à trois jours).

A plus haute altitude (à partir de 4000 m), le MAM peut se compliquer d'un œdème pulmonaire ou d'un œdème cérébral de haute altitude, qui sont presque toujours fatals en l'absence de descente précoce et d'un traitement adéquat.

COMMENT EVITER LA SURVENUE DU MAM ?

Prévenir le MAM ou ses complications vous impose une acclimatation préalable. Avant de passer une nuit en altitude, nous vous recommandons :

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  • de faire une ou deux incursions à 3000 m d'altitude, à l'occasion d'une randonnée par exemple ;
  • d'éviter tout effort intense au cours de la montée en refuge ;
  • d'éviter de monter trop vite trop haut : avant tout, montez progressivement ;
  • de ne pas rester longtemps trop haut. L'homme n'est pas fait pour vivre au-delà de 5500 mètres (d'ailleurs, aucune population ne vit à cette altitude) ;
  • d'éviter toute prise de médicaments qui pourrait masquer les premiers symptômes du MAM ;
  • de boire abondamment afin de faciliter votre adaptation à l'altitude.

Certaines personnes présentent une susceptibilité particulière à l'altitude, qui se traduit par l'apparition précoce du MAM au dessus d'une altitude modérée (2500 m).

Ces personnes peuvent bénéficier d'une consultation de médecine de montagne et d'une prescription d'un traitement préventif (Diamox®).

COMMENT TRAITER LE MAM ?

Seule la descente à une altitude plus basse fait disparaître le MAM.

L'intensité de certains symptômes diminue sous l'effet des médicaments, mais leurs effets secondaires ne sont pas toujours compatibles avec une activité en montagne.

Symptômes Points
Maux de tête 1
Nausée ou perte d'appétit 1
Insomnies 1
"Vertiges" 1
Maux de tête ne cédant pas à l'aspirine 2
Vomissements 2
Essoufflement au repos 3
Fatigue anormale ou importante 3
Baisse du volume d'urine 3

La conduite à tenir peut se résumer ainsi :

  • listez vos symptômes (tableau ci-dessus) ;
  • additionnez le nombre de points associés à ces symptômes ;
  • faites correspondre votre score total à la conduite que vous devez tenir en cas de MAM (tableau ci-dessous).
Score Définition du MAM Conduite à tenir
1 à 3 Léger Prenez de l'Aspirine ou du Paracétamol
4 à 6 Modéré Prenez de l'Aspirine, Reposez vous et stoppez la progression en altitude.
>6 Sévère Descendez immédiatement à des altitudes plus basses

Avant de vous lancer dans une quelconque expédition ou randonnée en montagne, respectez les contre indications médicales et allez voir un médecin, qui vous expliquera comment vous préparer au mieux à l'effort qui vous attend.

Les contre-indications formelles à un séjour en altitude à 2500 m :

  • maladie cardiaque non stabilisée ;
  • insuffisance respiratoire chronique ;
  • certaines maladies sanguines.

Les contre-indications relatives à un séjour en altitude à 2500 m :

  • grossesse dans le premier et le troisième trimestre ;
  • maladie cardiaque stabilisée ; bronchite chronique ; enfant de moins de 18 mois ;
  • toutes les maladies nécessitant une surveillance régulière (diabète par exemple) ;
  • asthme déclenché par le froid ou l'effort.

J. Henois