Extrait du Courrier des campeurs nº2

 

crampeD'abord, définissons la crampe : contraction musculaire involontaire, plus ou moins prolongée et douloureuse. Elle diffère de la contracture (proche mais plus durable et moins douloureuse), de la courbature (douleur faisant suite à un exercice épuisant) et des lésions musculaires, de l'élongation à la déchirure, au claquage et à la rupture (avec la rupture de quelques fibres jusqu'à la totalité des fibres d'un muscle). La crampe apparaît spontanément ou sur un faux mouvement, plutôt sur un muscle froid, lors d'exercices intenses. Elle cède le plus souvent à un étirement progressif du muscle contracté, accompagné d'un massage doux et centripète avec chauffage doux.

PREMIERE DEMARCHE

Il faut d'abord bien préciser les modalités de l'apparition des crampes, à l'exercice. En début, au milieu, à la fin ? Sur du plat, en montée ? Lors d'accélérations avec essoufflement ? A jeun, après l'ingestion répétée de boissons ou de fruits acides, ou de boissons ou aliments très sucrées, ou de thé ou café ? A la suite d'un excès de protéines (et pas seulement de viandes, quelle qu'en soit la couleur, les rouges n'étant pas plus responsables que les autres), ou de l'ingestion de réglisse en grande quantité ?

La déshydratation chronique favorise leur apparition. Le manque d'échauffement avec assouplissements préalables, des vêtements trop serrés, des membres mal protégés du froid ou en plein vent ou bien encore une position défectueuse ("technopathie") avec un matériel (chaussures) mal adapté aussi. Cèdent-elles facilement avec un étirement doux ou difficilement ? Avez-vous pu repartir aussitôt ou bien avez-vous dû vous arrêter ? Récidivent-elles ? Après, le muscle est-il douloureux, sensible ou endolori ? Pendant quelle durée (quelques heures à quelques jours) ?

Sachez qu'il existe aussi des crampes pathologiques, c'est-à-dire liées à des maladies des muscles, des nerfs ou des artères. Elles apparaissent plutôt en dehors de l'exercice, mais pas toujours. C'est pourquoi des crampes qui persistent méritent l'avis d'un médecin du sport et éventuellement d'un neurologue, d'un cardiologue ou d'un angéiologue. Avec parfois des examens complémentaires, s'ils le jugent nécessaire.

DEUXIEME DEMARCHE

La conduite à tenir : que faire ?

  • C'est une crampe bénigne : l'étirer progressivement et repartir. Le plus souvent, vous n'en entendrez plus parler. On en reste là, ou bien on s'échauffe mieux !
  • panier fruitElle récidive, mais passe facilement : il est alors bon de se poser les questions de la première démarche. Cela fait partie de l'hygiène de vie que de s'étirer tous les matins et avant chaque sortie. 2 à 5 minutes suffisent, mais je sais bien... Allez, un petit effort ! Cela ne suffit pas. Un bilan de l'entraînement est utile. Faites des efforts pour vous échauffer, vous étirer plus, avant, voire pendant et après. Puis faire un bilan de l'alimentation (voir première démarche). Quelle quantité de boissons ou de fruits acides (sodas, coca, jus de citron, orange, pamplemousse, ananas, kiwis, groseilles) ingérez-vous chaque jour ? Et de fruits insuffisamment mûrs ? De boissons excitantes (thé, café) ? Avez-vous des aphtes buccaux (boutons de fièvre sur les lèvres ou la langue) ? Mangez-vous beaucoup de sucre et de sucreries, de bonbons acidulés ? Quelle quantité de protéines mangez-vous par jour, viandes, poissons, yaourts, poudres de protéines et dérivés ? Le remède, dans un premier temps : faites un essai de diminution de la prise des aliments potentiellement responsables, vérifiez que vous ingérez suffisamment de fruits et légumes, de produits laitiers, et surtout d'eau (mais pas trop).
  • Les crampes persistent. Un avis médical doit être sollicité, en préparant votre consultation par la première démarche.

J. Henois