Extrait du courrier des campeurs nº4

 

Quelle que soit la durée et le type de randonnée pratiquée, vous emmenez avec vous un sac à dos plus ou moins lourd et volumineux. Ce sac à dos génère le plus souvent des sensations d'inconfort, limite vos capacités à réaliser un exercice physique et modifie votre façon de marcher.

L'INCONFORT LIE AU PORTAGE

545946156L'inconfort est le reproche le plus important que l'on puisse faire à un sac à dos puisqu'il conditionne le plaisir que l'on ressent lors de la randonnée. Quelles sont les zones les plus sollicitées et les plus sensibles lors du portage d'une charge sur le dos ?

Les zones pour lesquelles l'inconfort est le plus marqué sont les points de contact du sac avec le dos (bas du dos, clavicules) mais aussi, les zones sur lesquelles des contraintes sont engendrées et ressenties comme inconfortables (le cou, la poitrine et le milieu du dos).

Enfin, des zones comme les épaules et le haut du dos, pour lesquelles l'inconfort aurait pu sembler plus important, ne sont pas les zones les plus douloureuses.

Il convient donc, pour améliorer le confort, de limiter les pressions sur les zones de contact entre le corps et le sac à dos (bas du dos, épaules).

L'une des solutions communément utilisée par les constructeurs pour limiter les contraintes au niveau du buste est de transférer la charge vers les hanches grâce à une ceinture de portage. Celle-ci a pour effet de diminuer les pressions sous les bretelles et ainsi de minimiser sensiblement la fatigue musculaire ressentie au niveau des épaules et du dos.

De plus, si la ceinture n'améliore pas de façon importante l'équilibre pendant la marche, elle ne le dégrade pas de façon significative.

LA DEGRADATION DES PERFORMANCES PHYSIQUES

La dégradation des performances physiques liée au port du sac à dos a trois origines principales :

  • le poids
  • le volume
  • l'investissement physique plus important qui en découle

Même en condition statique (sans déplacement), l'investissement physique conditionné par le portage du sac à dos n'est pas négligeable, car les muscles du tronc et des membres inférieurs doivent s'opposer à la contrainte qu'exerce la masse supplémentaire sur le corps. En condition dynamique mais non violente (la marche sur terrain plat) et pour des personnes entraînées, un accroissement de 20% du rythme cardiaque et de 22% du volume d'oxygène inspiré peut être observé lors du port d'un sac à dos. De plus, cet accroissement du rythme cardiaque et du volume d'oxygène est directement corrélé avec l'augmentation de la charge portée.

La limitation de la mobilité des membres inférieurs et supérieurs n'est pas le facteur prédominant de la dégradation des performances. Par contre, la limitation de la puissance des effecteurs et les modifications du schéma corporel (modification de la position du centre de gravité et du volume corporel) semblent jouer un rôle important dans la dégradation des capacités physiques.

Quel est l'influence du positionnement de la masse sur la performance ? Trois répartitions ont été étudiées :

  • masse distribuée autour de la taille
  • masse à la base du dos
  • masse au niveau des épaules

Aucune de ces stratégies n'est idéale. Il convient donc de moduler la répartition de la masse selon l'activité pratiquée. Ces modifications sont permises par les formes particulières des sacs à dos, adaptées à l'activité (par exemple, masse très proche du corps pour les sacs de raid) et grâce aux réglages possibles sur le sac (rappels de charge).

MODIFICATION DE LA MARCHE PAR LE PORT DU SAC A DOS

Quelle est l'influence du port de sac à dos sur la marche ? La recommandation couramment rapportée est de limiter, pour le portage en continu, les charges à 40% du poids du randonneur. Néanmoins, dès que la charge dépasse 20% du poids du corps pour un randonneur non entraîné, des modifications sensibles de la marche sont observées.

L'augmentation de la charge conduit le randonneur à réaliser des pas plus petits et à écarter très légèrement les pieds. Cette adaptation spontanée permet une amélioration de la stabilité latérale et un transfert plus rapide de la charge d'un pied sur l'autre. De plus, avec l'accroissement de la charge, le genou est davantage fléchi et la pose du pied au sol est modifiée afin d'obtenir un contrôle plus précis de la marche.

La charge influence de façon plus importante les schémas de marche des femmes car, en pourcentage de leur poids de corps, les femmes portent des charges plus importantes que les hommes.

Des expérimentations ont également montrées qu'à charge égale, lorsque l'effort devient plus important (marche plus rapide, augmentation de la pente), le tronc se penche vers l'avant.

J. Henois