Extrait du courrier des campeurs nº4

 

5449« Les aventures en solitaire favorisent une bonne qualité de relation avec soi-même, et de ce fait avec les autres ». Jean-Louis Etienne après sa traversée solo jusqu'au pôle Nord.

Tous les guides de plein air sont unanimes : il ne faut JAMAIS partir seul en milieu sauvage ! Mais ce principe de base régulièrement contourné pour des raisons variées – de l'absence d'un partenaire disponible à l'envie (inavouable) de savourer un moment de solitude unique – est à nuancer… en toute prudence !

1- Connais-toi toi-même La célèbre formule de Socrate invitant à la connaissance de soi s'applique particulièrement à la situation envisagée. De la forme physique, des connaissances en premiers soins ou de l'habileté à s'orienter, la bonne connaissance de ses capacités en plein air, et de ses limites en particulier, permet d'évaluer objectivement les risques que l'on est prêt à encourir.

2- Un « solo » prévoyant… En vaut deux ! La préparation de son excursion solo – quels que soient la durée et l'éloignement envisagés – ne doit pas être laissée au hasard. Étudier la carte de la région visitée, remplir adéquatement sa trousse de premiers soins en fonction du parcours, prévoir de l'eau, de la nourriture et un vêtement chaud supplémentaire, vérifier l'état du matériel avec lequel on part, s'informer des prévisions météorologiques… Dresser une liste des choses « à faire » avant le départ permet de ne rien oublier pour ne pas être pris au dépourvu sur le terrain.

3- Faire savoir sa route Avant de partir, laissez un mot à une personne de confiance qui pourra s'alarmer de votre absence et signaler votre éventuelle disparition. Sur cette feuille « de secours » indiquez le lieu de votre randonnée, votre mode de transport (à pied, en kayak, à vélo…) et le moment prévu pour votre retour (date, heure). Points de départs et d'arrivée, repères sur les itinéraires aller et retour, carte utilisée, connaissances personnelles de la région… Sans être exhaustive, la liste d'informations que vous laissez permettra peut-être aux secours de vous retrouver.

4- Redoubler de vigilance Une fois en chemin, l'aventurier solo doit toujours garder en tête son extrême vulnérabilité. Éléments naturels (orage, tempête, neige…), animaux sauvages ou simple foulure de cheville, les dangers imprévisibles sont nombreux. Peser chaque action, chaque décision prudemment et en estimer les risques est la règle d'or. De plus, si les conséquences d'un incident sur sentier peuvent rester anecdotiques, elles tournent vite au drame si la région explorée est plus éloignée.

5- Humilité faite loi Choisir de faire demi-tour en cas d'incertitude ou de doute est une preuve de sagesse, qui peut vous sauver !

B. Galaise